Pourquoi je vote http://pourquoijevote.qc.ca Fri, 18 May 2012 18:33:48 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.2.1 Cyniques, les jeunes ? http://pourquoijevote.qc.ca/2012/05/11/cyniques-les-jeunes/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/05/11/cyniques-les-jeunes/#comments Fri, 11 May 2012 13:09:56 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1044 Lire la suite]]> Le texte qui suit parle d’un «nous». Un «nous» qui rassemble ceux et celles que je connais qui travaillent auprès des jeunes depuis des années. C’est aussi le nous de ceux et celles qui se reconnaîtront dans ce texte. Ce n’est pas un «nous» organisé en mouvement ni un nous institutionnel, c’est un nous auquel on prend part lorsqu’on se reconnaît et que l’on se sent interpellé.

Pendant que de nombreux médias, commentateurs, observateurs, politiciens s’inquiétaient du cynisme des jeunes, nous, nous oeuvrions à la prise de conscience, à l’éveil, nous travaillions à l’éducation à la citoyenneté. Parfois qualifiés d’idéalistes, de rêveurs parce que nous passions des centaines d’heures à parler avec des jeunes, à discuter, à débattre avec eux pour les aider à prendre part à ce qui qui est plus grand que leur personne, nous avons persévéré et poursuivi notre lutte contre l’incompréhension, le sentiment d’incompétence et l’ignorance. Nous semons des idées, des interrogations dans la tête des jeunes, et sommes conscients que nous pourrons contrôler le goût des fruits qui y naîtront. Bien sûr nous ne sommes qu’un des acteurs, mais notre travail est tangible et il laisse de traces.

En voyant comme ces jeunes se mobilisent aujourd’hui, nous savons que quelque part, nous sommes un des éléments qui encourage l’action politique, la mobilisation, la contestation. Pourquoi ?

Parce que nous leur avons présenté des concepts, nous avons répondu à leurs questions lorsqu’ils se demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour s’engager dans les mécanismes collectifs.

On leur a dit que le politique était inévitable dans une société comme la nôtre et que notre démocratie nécessitait leur participation, pas seulement dans les urnes, mais dans une multitude de sphères qui habitent l’espace public. Nous leur avons dit d’être curieux, de remettre en question, de s’associer avec d’autres, d’être créatifs, de ne pas craindre l’échec pour mieux se relever. Nous leur avons dit que plus ils étaient nombreux, plus ils pouvaient initier le changement, voire faire plier un gouvernement.

J’ai rencontré plus de 25 000 jeunes depuis 5 ans, pour leur parler de l’engagement, de la quête de connaissances, du développement du savoir, de participation citoyenne, et je sais qu’au Québec, nous sommes nombreux à le faire.

Des individus, des professeurs, des organismes, etc. Tous ensemble nous avons oeuvré à la prise de conscience des jeunes, nous avons encouragé leurs initiatives, répondu à leurs questions et offert des possibilités aux jeunes de comprendre les enjeux géopolitiques, économiques. Nous avons parlé de philosophie, d’altruisme, de tissu social, de constructions de réseaux et de solidarité.

Peu importe notre position dans la lutte actuelle, nous voyons actuellement, des milliers de jeunes apprendre la démocratie sur le terrain où elle est née, la rue. Les jeunes sont en train d’apprendre la démocratie, de la faire vivre. Ils montrent à ceux qui craignent leur isolement individuel, leur égoïsme, leur cynisme, qu’ils sont capables de se mobiliser, de se rassembler.

Depuis plus de 5 ans que j’oeuvre à sensibiliser les jeunes et, à de nombreuses reprises, je me suis buté au mur du cynisme, de l’indifférence, du je ne peux rien faire. Après des heures de discussions, d’échanges, j’ai souvent réussi à leur faire voir la réalité avec des nouvelles perceptions, j’ai semé le doute dans leur esprit à savoir qu’au fond, il peut-être possible initier un mouvement, de prendre part à ce qui est plus grand que leur personne.

Des questions me viennent.

Est-ce que ce printemps 2012 sera pour eux une preuve que ce que nous leur avons dit a un fond de vérité?

Et ceux qui vivront un échec ? Vont-ils alors se relever et prendre d’assaut les urnes? Ou vont-ils perdre espoir envers ce système en lequel nous leur avons demandé d’avoir confiance ?

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Le seuil de vitalité http://pourquoijevote.qc.ca/2012/04/10/le-seuil-de-vitalite/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/04/10/le-seuil-de-vitalite/#comments Tue, 10 Apr 2012 13:30:40 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1038 Lire la suite]]> Si je vais aux urnes et que je ne sais pas ce que je fais là, je suis un peu perdu. Plusieurs ne vont pas voter, d’autres votent mais ne savent pas pourquoi ils votent. Tout simplement, ils votent.

  • Il y a ceux qui ne votent pas parce qu’ils n’ont pas le temps.
  • Ceux qui oublient en regardant la télévision.
  • Celles qui ne votent jamais, mais qui poussent leurs réflexions.
  • Ceux qui font comme ces dernières et qui proposent des alternatives à ce qu’ils décrient.
  • Ceux qui ne votent pas car ils ne croient pas au système et d’autres qui ne le comprennent pas.
  • On trouve aussi ceux qui n’ont pas écouté, celles à qui on ne l’a pas raconté.

Aujourd’hui il y a ceux qui sont indifférents, celles qui s’en foutent. Savent-ils que même leur indifférence est un geste politique, qu’il n’y a aujourd’hui rien qui ne soit pas politique? Même choisir de vivre seul, isolé, est un geste politique. Une décision. Laquelle allons-nous prendre? Où allons-nous?

Nous en sommes à  57 % de taux de participation aux dernières élections, avons-nous prévu un seuil critique? À partir de quand on se questionne sur la légitimité du gouvernement élu par un système électoral, à partir de quand on choisit de faire des réformes majeures? Que se passera-t-il quand la majorité sera du côté de ceux qui ne participent plus au système électoral?

Plus nous nous rapprochons du 50 %, plus nous sommes près d’un moment de schisme pour notre démocratie. On sent déjà des signes avant-coureurs du déclin, mais notre système électoral est mathématiquement encore démocratique. Et je vois là un rare moment de crise d’où pourrait émerger un renouveau politique, une innovation des modes de prises de décisions collectives. Un jour nouveau pour le Québec.

Je crois qu’il faut voir là une opportunité historique d’imaginer une nouvelle organisation sociale, économique, politique et culturelle et de le faire dans un esprit de collaboration avec les autres générations. Pour créer un système politique qui favorisera une meilleure participation des citoyens. Il en va ainsi pour que le peuple possède la puissance nécessaire et que la démocratie soit plus vivante avant que les chiffres ne viennent lui montrer la sortie.

Et cette démocratie? Peut-être que le temps est venu pour elle d’écrire de la poésie, de faire un retour aux sources, et de redécouvrir à qui elle doit donner le pouvoir? N’est-ce pas un chemin nécessaire vers les 70 % 80 % de participation aux exercices du pouvoir proposés par le gouvernement? Vers un momentum de vitalité pour notre collectivité et notre organisation collective?

Si les souhaits sont des visions qui parlent du futur, alors que voulons-nous?

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USA : L’équipe Obama qualifie 2008 de campagne primitive par rapport à celle qui se prépare http://pourquoijevote.qc.ca/2012/03/26/usa-l%e2%80%99equipe-obama-qualifie-2008-de-campagne-primitive-par-rapport-a-celle-qui-se-prepare/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/03/26/usa-l%e2%80%99equipe-obama-qualifie-2008-de-campagne-primitive-par-rapport-a-celle-qui-se-prepare/#comments Mon, 26 Mar 2012 17:41:27 +0000 Richard Lavigne http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1033 Lire la suite]]> Alors que les primaires républicaines montrent un parti divisé, incapable de faire un choix clair après le « Super Tuesday » du 6 mars dernier, l’équipe de Barack Obama promet une campagne qui fera apparaître celle de 2008 comme « réellement primitive ».

À la tête de l’équipe numérique, Teddy Goff est en train de construire un dispositif qui, pour la première fois, va combiner la base de données constituée depuis la précédente élection (quelques 23 millions d’électeurs) avec le pouvoir de Facebook pour cibler les électeurs à un niveau inégalé jusqu’aujourd’hui. Une base de donnée unifiée qui va réunir et informer des millions de votants potentiels et qui pourrait être la clé de la réélection d’Obama. C’est à lire dans un long article du Guardian, qui détaille le dispositif, en rappelant les risques d’une base de donnée aussi centralisée sur l’utilisation des données personnelles des citoyens.

http://goo.gl/2dWF1

Notes de lecture

La base des données intégrées : Obama Builder Voter, est constituée d’informations essentielles telles que l’âge, l’adresse postale, l’occupation et l’histoire de vote établi à partir des fichiers de 190 millions d’électeurs actifs. Elle intègre les liens et correspondances aux fichiers d’électeurs avec les données recueillies à partir des interactions en ligne avec les partisans du Président – notamment les millions d’éléments d’information de son armée de solliciteurs recueillis à l’échelle de la nation au cours de la course de 2008, une liste d’adresses courriel de partisans qu’il a amassés et qui se situe maintenant à environ 23 millions, ainsi que les coordonnées des fans d’Obama sur Facebook : 25 millions de personnes.

Les nouvelles possibilités

Au premier rang de ces possibilités, les spécialistes de l’organisation de la campagne pourront distribuer du contenu personnalisé conçu spécialement pour les fans et sympathisants sur Facebook. Ces derniers pourront partager ces informations ciblées avec leur cercle d’amis plus large. Les messages pourront être adressés à un groupe démographique particulier – âge, sexe, etc. – ainsi que selon des intérêts, des thèmes et cibler l’emphase sur les territoires les plus contestées et les plus cruciaux des États.

Les « Influenceurs » – ces gens qui ont tendance à agir en tant que leaders d’opinion auprès de leurs amis sur Facebook – peuvent être identifiés et priorisés.

Un message d’Obama serait conçu de telle sorte que non seulement il peut être transmis à vos amis, mais à ces amis qui sont les plus susceptibles d’être intéressés et qui hésitent encore.

À l’avenir, la campagne politique numérique devra faire correspondre des détails regroupés de jusqu’à 50 témoins, compilés et saisis sur des ordinateurs individuels, croisés avec les fichiers des électeurs. L’organisateur identifiera des tendances démocratiques des individus et il pourra lui adresser des  annonces personnalisées partout où ils vont sur le web.

Que pensez-vous de tout ça ? Quelles sont vos réflexions sur les aspects éthiques de cette approche ou sur son applicabilité ici ?

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De l’abstrait au concret ! http://pourquoijevote.qc.ca/2012/03/19/de-labstrait-au-concret/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/03/19/de-labstrait-au-concret/#comments Mon, 19 Mar 2012 15:12:00 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1026 Lire la suite]]> On me pose souvent la question : pourquoi les jeunes délaissent la politique, pourquoi sont-ils cyniques ? Je réponds souvent que les causes sont nombreuses, que les recherches lancent plusieurs pistes à explorer, mais aujourd’hui je vois dans la mobilisation étudiante actuelle, pour ou contre la hausse, un autre élément de réponse.

Sur cet enjeu, très concret, qui touche les jeunes dans leur quotidien, on assiste à une mobilisation qui contraste avec celle qui prévaut dans des temps où la question de la hausse est plus latente. Lors de votes dans les établissements, contrairement aux autres occasions de s’exprimer pour les étudiants, le taux de participation sont très élevés. Les jeunes sortent dans les rues, remplissent les assemblées générales, débattent, envahissent en masse les médias sociaux, s’affichent avec le carré rouge ou le carré vert.

Voilà des preuves que les jeunes sont capables de s’intéresser à la politique, de participer et d’être des acteurs dynamiques de la vie démocratique, car ici la hausse les touche directement, l’effet est concret et mesurable économiquement.

Ce qui m’amène à me poser plusieurs questions. Est-ce d’autres enjeux qui ont, eux aussi, un impact sur la vie des jeunes, mais qui sont plus abstraits, ne devraient-ils pas les mobiliser ? L’éducation à la démocratie, à la politique, à la citoyenneté et aux enjeux économiques est-elle insuffisante pendant le parcours des élèves et des étudiants de sorte qu’il y a une forte incompréhension de ces phénomènes ?

La mobilisation actuelle autour d’un enjeu très concret ne témoigne-t-elle pas que pour d’autres questions plus abstraites, les jeunes ne disposent pas des outils nécessaires pour prendre position, s’exprimer, se mobiliser ? Parce qu’elle démontre que les jeunes peuvent se mobiliser en masse, mais qu’ils ne le font pas ou ne prennent pas le temps de le faire pour des enjeux plus complexes, la lutte de la hausse qui se déroule actuellement est-elle en train de nous montrer des lacunes notre système d’éducation au niveau de l’enseignement de la philosophie, de la politique et des mécanismes démocratiques ?

Imaginez la teneur de nos débats de société si les jeunes pouvaient y prendre part lorsqu’il s’agit de questions plus complexes et abstraites ? Quelle vivacité démocratique aurions-nous si nous pouvions donner aux jeunes la capacité d’être rapidement des acteurs politiques et qu’ils prenaient une place plus importante dans les décisions et l’élaboration des projets de notre société ?

Je le répète mais je considère qu’en voyant l’ardeur avec laquelle les jeunes se mobilisent pour un enjeu très concret, nous devons nous assurer qu’ils puissent le faire sur des enjeux plus complexes et plus abstraits. Il n’en tient qu’à nous collectivement de faire en sorte que tout au long de leur parcours, les jeunes puissent acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour comprendre la politique, la philosophie et l’économie. Tout ça pour qu’au final leur créativité soit rapidement prise en compte et mise à profit dans l’orchestration de notre société, voire de notre nouvelle civilisation.

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Le temps d’écouter http://pourquoijevote.qc.ca/2012/02/24/le-temps-decouter/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/02/24/le-temps-decouter/#comments Fri, 24 Feb 2012 17:02:32 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1016 Lire la suite]]> Notre capacité d’écoute s’évanouit. Il est de plus en plus difficile d’avoir notre attention pour un long moment. C’est un phénomène de société et la politique n’y échappe pas. Les politiciens font dans le court, le concis, pour passer leurs messages dans les médias.

Évidemment, la politique en souffre : l’art oratoire, pourtant essentiel pour capter l’attention du public, est en voie de disparition. Par exemple, dans la chambre de l’Assemblée, tous et toutes craignent la petite erreur qui sera reprise dans les médias, erreur qui pourrait leur faire perdre des points dans les sondages, un ministère, une place dans les hautes sphères du parti, voire une élection. Ils n’ont plus la liberté de s’exprimer avec des intonations naturelles, un flot verbal qui pourrait rendre leurs interventions en chambre passionnantes et inspirantes pour les citoyens. Non ! Ils baissent les yeux sur leur feuille, feuille tenue par une main, main qui s’endort avec la feuille entre ses doigts, alors qu’elle devrait s’agiter dans l’air et venir appuyer les propos de l’orateur.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Peut-être est-ce une conséquence de ce que nous sommes devenus. Avant d’être des passionnés de politique, nous sommes des consommateurs d’information. Nous en voulons toujours plus. De la neuve, de la fraîche, assimilable rapidement, et c’est ce qu’on nous sert dans l’espace public. N’allez pas croire ici que je m’en prends aux médias, je crois qu’ils ne font que nous vendre ce que nous voulons manger, de la fastnews. Celle qui présente un contenu de surface, qui s’en remet à l’image et relègue le contenu dans la superficialité alors qu’il devrait être au centre de l’information.

Nous ne prenons plus le temps d’écouter ce que nous disent les politiciens, nous leur offrons de moins en moins d’occasions de démontrer leur éloquence, de nous inspirer. Pourquoi ? Parce que nous continuons de consommer des médias qui compressent leur message. Nous ne laissons plus aux politiciens l’espace nécessaire pour s’enflammer dans des discours où se mélange la rigueur, la préparation, la passion et l’improvisation.

« On a les politiciens qu’on mérite »

Aujourd’hui au Québec, de plus en plus nombreux sont ceux qui dénigrent les politiciens, les tournent au ridicule, dénoncent leur manque de crédibilité, de passion et d’éloquence. Pourquoi ? Peut-être parce que le peuple a cessé de leur accorder de l’importance, en désertant les urnes et en se désintéressant de leur travail, pourtant essentiel à notre cohésion sociale ?

Nous parlons souvent avec nostalgie des politiciens du passé, nous évoquons leur éloquence, leur prestance, leur capacité à envoûter une foule, mais peut-être sommes-nous collectivement responsables de cette dégradation de l’art oratoire en politique ? En acceptant sans trop de grogne l’offre médiatique actuelle, en restant plus ou moins insensibles devant les contenus de surface qui nous sont présentés, peut-être sommes-nous en train de faire disparaître les conditions nécessaires pour que les politiciens puissent nous parler, et que nous ayons le goût, et surtout  le  temps, de les écouter…

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Critique du livre de Jean Laliberté «Réinventer la démocratie» http://pourquoijevote.qc.ca/2011/12/05/critique-du-livre-%c2%abreinventer-la-democratie%c2%bb-de-jean-laliberte/ http://pourquoijevote.qc.ca/2011/12/05/critique-du-livre-%c2%abreinventer-la-democratie%c2%bb-de-jean-laliberte/#comments Mon, 05 Dec 2011 20:50:26 +0000 Richard Lavigne http://pourquoijevote.qc.ca/?p=992 Lire la suite]]> Réinventer la démocratieLes citoyens sont très critiques des partis politiques et du processus électoral. Ils déplorent en particulier les querelles inutiles, l’influence excessive des groupes de pression et le rôle occulte de l’argent dans le système politique.

Après avoir fait état des nombreuses faiblesses de la démocratie élective, Jean Laliberté propose une démocratie participative permettant d’éliminer les affrontements stériles entre les partis politiques, d’affranchir les membres de l’Assemblée nationale de la ligne de parti et de les laisser reprendre leur droit de parole, de supprimer l’influence des lobbies et de l’argent, ainsi que de mettre fin aux cachotteries et aux mensonges. Cette démocratie participative repose sur la création de Regroupements pour la bonne gouvernance qui sont des forums d’information et d’échange centrés sur des sujets particuliers comme la santé et l’éducation. Un Conseil de la bonne gouvernance est chargé de guider la création et le bon fonctionnement de ces regroupements, responsables entre autres de choisir les membres de l’Assemblée nationale selon un processus qui laisse une large place au hasard. Jean Laliberté définit aussi de quelle manière ce nouveau système pourrait être mis en place et comment il permettrait de réaliser un «gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple».

La préface du livre est signée par M. Vincent Lemieux, professeur émérite au Département de science politique de l’Université Laval.

Jean Laliberté est détenteur d’une maîtrise en science politique (Université Laval, 1968) et a complété un cycle d’études à l’École nationale d’administration (Paris, 1971). Il a travaillé dans la fonction publique fédérale de 1967 à 1979 et dans la fonction publique du Québec de 1979 à 2002. Par la suite, il a été conseillé en gestion au sein d’une grande société québécoise. Il est l’auteur du livre Les Fonctionnaires – Politique, bureaucratie et jeux de pouvoirs publié au Septentrion en 2009. Pour échanger avec l’auteur : www.septentrion.qc.ca/jeanlaliberte/. (copie du résumé de Renaud-Bray.com)

Notes de lecture

Dans sa conclusion, l’auteur mentionne « qu’il est évident qu’une transformation de cette ampleur est une œuvre de longue haleine. Si la thèse présentée dans cet ouvrage se confirme et que les institutions démocratiques actuelles continuent de se détériorer, le cynisme des électeurs s’accroîtra et de plus en plus de gens opteront pour le changement. »

L’auteur assume qu’ils opteront pour le changement mais n’insiste pas beaucoup sur le fait qu’ils devront s’impliquer pour réaliser ce qu’il faudra pour remplacer les institutions en place. Les gens devront être convaincus que le nouveau système proposé sera beaucoup supérieur au système actuel. Les citoyens devront s’impliquer personnellement car ils exerceront ce que l’auteur appelle la démocratie participative qui est exercée par chaque personne qui décide de s’intéresser à la chose publique et de s’y impliquer activement. La personne qui s’implique n’agit pas isolément mais en collaboration avec ses compatriotes en vue d’une bonne gouvernance.

Jean Laliberté a au moins eu le courage d’élaborer un concept qui pourrait fonctionner si l’égocentrisme et l’individualisme n’étaient pas caractéristiques des citoyens/électeurs/jeunes/instruits actuels. L’auteur a développé une utopie valable mais qui va rester lettre morte faute d’intérêt « sonnant et trébuchant » pour les gens qui s’y impliqueront. Dans la première partie du livre, il décrit très bien les problèmes liés aux partis politiques et aux groupes d’intérêts qui les motivent et les financent. Dans la deuxième partie, tout repose sur l’altruisme et la bonne volonté des citoyens qui formeront des Regroupements sous forme de forums d’information et d’échange sur les politiques publiques. Regroupements dans tous les domaines : éducation, santé, développement économique, etc. Le conseil des regroupements ou Conseil de la bonne gouvernance remplace l’Assemblée nationale et exerce le pouvoir. Un « chancelier » remplace le premier ministre.

Toute la difficulté d’un projet de ce genre c’est de recruter suffisamment d’adeptes et de partisans pour promouvoir les idées et les concepts et faire changer d’opinion les décideurs en leur faisant valoir l’intérêt qu’ils en retireront personnellement soit financièrement ou en augmentant leur pouvoir et leur prestige.

D’autres auteurs développent des idées et des concepts dans le même sens :

Rémi Lefebvre. “Il faut d’abord réinvestir la question institutionnelle”. Entre un système local de plus en plus confus, des élections législatives qui perdent leur sens du fait de l’inversion du calendrier électoral, notre système électoral est devenu insensé, trop complexe, illisible. “Il faut ensuite redonner du pouvoir au peuple pour le redonner au politique”. On l’a dit. Déprofessionnaliser le politique qui se drape derrière l’alibi de la complexité. La compétence des hommes politiques n’est pas supérieure à celle des citoyens et ce d’autant plus dans une société avec une forte augmentation du capital culturel. “L’alibi de complexification de l’action publique est un coup de force intenable ! Cette déprofessionnalisation passe par la limitation du cumul des mandats, non pas en nombre, mais dans le temps. C’est une réforme difficile, mais qui serait un levier puissant sur la confiance et la capacité d’action des élus, estime le chercheur en sciences politiques.

La troisième piste nécessite de penser les rapports entre médias et démocratie. “Nous sommes malades de cette démocratie d’opinion qui donne trop de poids aux sondages et de ce journalisme centré sur les stratégies qui fait prévaloir le jeu politique sur les enjeux.”

Enfin, il est nécessaire de multiplier les formes de participation, de pluraliser la démocratie. Et pourquoi pas, par exemple, développer le tirage au sort à tous les niveaux, comme le proposait récemment Yves Sintomer dans le dossier de la Vie des idées, sur le monde en 2112.

En dernière analyse, ce sont les politiciens actuels qui décideront de s’intéresser à la démocratie participative si suffisamment de pression et de promotion sont exercés de la part de ceux qui croient encore qu’un changement est possible sans une révolution tranquille ou non.

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Partie 3 – Le débat http://pourquoijevote.qc.ca/2011/11/29/partie-3-le-debat/ http://pourquoijevote.qc.ca/2011/11/29/partie-3-le-debat/#comments Tue, 29 Nov 2011 20:35:57 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=988 Lire la suite]]> La politique devrait être le lieu où le débat inspire le peuple, pour qu’il s’implique, s’active et réfléchisse à son rôle dans le développement de la civilisation.

Nous avons de moins en moins une politique tenue dans des lieux où ceux et celles qui s’expriment sont éloquents, savent écouter les autres et faire de la cohésion et de la cohérence le fruit leur travail.

Si l’art de s’exprimer librement retrouve sa place en politique, que l’éloquence, le vocabulaire, la fluidité de la parole dans le débat caractérisent le discours de nos dirigeants, nous serons au début d’une nouvelle ère, parce que l’art de s’exprimer retrouvera sa place. Parce que nous prendrons temps « d’écouter la politique », parce que les médias devront s’adapter à notre nouvelle relation avec la politique et changer leur traitement de celle-ci.

Pour l’instant, nous n’en sommes pas là.

Entendre n’est pas suffisant, pour débattre il faut savoir écouter

Je crois bien que le temps nous manque en politique. À trop penser à court terme nous en venons à subir une pression de plus en plus insoutenable. Nous n’avons plus le luxe du temps, pour que les hauts lieux de pouvoir soient des lieux de débats, de luttes d’arguments, mais aussi d’ouverture d’esprit, de relations dans la conscience de l’interdépendance.

Au Québec, nous sommes dans une guerre irrégulière. Une guerre médiatique où l’on s’affronte sans merci pour le pouvoir. Pressés par les sondages, les scrums, l’urgence du clip vidéo et de la nécessité de faire la nouvelle. Dans notre frénésie commune, nous avons oublié la nature même de la politique et aujourd’hui, notre démocratie est en danger.

Dans cette guerre, il n’y a pas de place pour l’écoute, pour la relation. C’est nous contre nous, c’est notre incohérence qui se manifeste.

Il est temps de faire mentir ces mots qui définissent bien le contexte politique actuel : c’est seulement ligués les uns contre les autres que les hommes sont unis.

Et je parle bien ici des hommes au sens masculin du terme, car après tout, ne sont-ils pas les seuls responsables de la création de notre système politique ? Un système qui prend de l’âge, rongé par la confrontation, un système qui devrait évoluer en demandant l’avis de celles qui ont été oubliées lorsque vint le temps de penser notre monarchie parlementaire et la façon d’y organiser le débat et la prise de décisions…

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Partie 2 – La Confiance http://pourquoijevote.qc.ca/2011/11/01/partie-2-%e2%80%93-la-confiance/ http://pourquoijevote.qc.ca/2011/11/01/partie-2-%e2%80%93-la-confiance/#comments Tue, 01 Nov 2011 14:01:08 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=983 Lire la suite]]> La politique vit une crise. La prise de conscience de plus en plus répandue de la forte concentration des responsabilités politiques entraîne une vague d’abandon, voire de mépris.  Des « on s’en fout, on ne peut rien faire, ce sont tous des crosseurs », on en entend de plus en plus.

Le phénomène est clair et pas seulement en politique. Nous vivons un déclin de la confiance. On se méfie de plus en plus. La méfiance envers l’inconnu, l’étranger, la méfiance envers les nouvelles idées, envers ce qui nous surprend, etc.

La méfiance fait-elle maintenant partie de notre culture ? J’ose croire que nous n’en sommes pas encore là, bien que nous empruntons aujourd’hui des routes qui pourraient nous y mener.

Avouons-le, le momentum n’est pas en la faveur d’une vie politique active et en santé. Comment pouvons-nous être collectivement viables si les mécanismes de prise de décisions se dégradent sous nos yeux ? À vouloir aller dans toutes les directions, nous nous sommes risqués sur des chemins dangereux.

Illico, mettons le cap sur la confiance. Quelle que soit la taille de la communauté, le développement de relations de confiance durables constitue un fondement solide, un sol fertile pour l’enracinement d’une démocratie qui fleurira ailleurs que sous et sur les drapeaux.

Travaillons à ramener la confiance. Comment ? Doucement ! En offrant, dès le jeune âge des opportunités de plus en plus nombreuses de prendre des responsabilités. Pourquoi ? Parce que plus il y a de responsabilités honorées, plus la confiance augmente.

On développe de la confiance en soi en honorant des responsabilités et on établit des relations de confiance avec ceux et celles avec qui on partage les responsabilités. Confiance et responsabilités sont essentielles à la santé politique et sociale. Nous sommes les architectes de notre démocratie et un peuple qui se méfie ne peut pas être cohérent. Rien dans sa philosophie, dans ses lois, dans ses pratiques ne peut-être viable si la méfiance fait partie de son identité. En effet, si la méfiance éloigne les citoyens les uns des autres, ils ne peuvent plus œuvrer ensemble à la construction de leur société. En l’absence de rassemblements significatifs, le peuple n’est plus cohérent, car disparaît lentement sa nature même de peuple.

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Partie 1 – Les responsabilités : du pouvoir, on en veut http://pourquoijevote.qc.ca/2011/10/24/partie-1-les-responsabillites-du-pouvoir-on-en-veut/ http://pourquoijevote.qc.ca/2011/10/24/partie-1-les-responsabillites-du-pouvoir-on-en-veut/#comments Mon, 24 Oct 2011 14:11:34 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=975 Lire la suite]]> Nous vivons une crise existentielle. La plupart des remparts de notre identité collective sont menacés, pour le meilleur ou pour le pire. Nous en sommes là…

De plus en plus critiques, informés, conscients, beaucoup se détournent des institutions politiques traditionnelles. Les médias font état du cynisme, de l’apathie, mais je cherche encore  les enquêtes sur les causes profondes de notre inertie politique.

Les trois prochains textes de ce blogue tenteront de faire un examen modeste de la situation.

Responsabilités. Confiance. Débat.

Trois thèmes, trois textes, une réflexion sur l’état de notre démocratie.

Partie 1 : Les responsabilités : du pouvoir on en veut

On entend souvent, en lien avec la politique : je ne peux rien faire, je n’ai pas de pouvoir, ça ne sert à rien, ma voix n’est pas écoutée !

C’est un état d’esprit qui est  peut-être légitime, mais il faut aller plus loin que le constat. Pourquoi plusieurs, et de plus en plus, pensent ainsi ? Comment expliquer ce phénomène ? Qu’est-ce qui cause ces sentiments ? Répondre à ces questions est une tâche de longue haleine. Alors, commençons tout de suite.

Peut-être en partie parce que politiquement, nous n’avons presque aucune responsabilité (ou peut-être aucune). Quelles sont nos responsabilités politiques ? Voter ? S’exprimer ? S’impliquer ?

Nos responsabilités se manifestent souvent ainsi : responsabilités envers la famille, envers le travail et quoi d’autre ? Quelles sont nos responsabilités politiques envers la société ? Bien sûr, nous payons des impôts, mais cette responsabilité est souvent vue comme un fardeau et non comme une responsabilité que nous sommes fiers d’assumer.

Voici la définition de responsabilité : le fait d’être responsable, de devoir répondre de ses actes ou ce ceux de quelqu’un d’autre, ou d’avoir à sa charge des décisions. Or, dans les faits, en politique, les responsabilités et la prise de décisions sont concentrées dans les mains d’un nombre restreint. Prendre conscience de ce phénomène en amène beaucoup à se décourager. On réalise qu’au final nous n’avons pas de responsabilité politique.

C’est ce qui se passe actuellement. Le mot circule, ça se jase. On veut être responsables politiquement. Du pouvoir, on en veut. Mais encore faut-il accepter de prendre ses responsabilités tout en se donnant les moyens de les assumer. Un projet de société peut se construire, entre autres, en stimulant le sens des responsabilités à travers les réseaux d’éducation. À long terme le partage des responsabilités politiques aura un impact sur la solidarité, la gouvernance et la vie en collectivité. Il faut simplement se donner le temps de bien méditer un avenir moins frénétique.

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Néocratie http://pourquoijevote.qc.ca/2011/09/28/neocratie/ http://pourquoijevote.qc.ca/2011/09/28/neocratie/#comments Wed, 28 Sep 2011 13:26:36 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=970 Lire la suite]]> ─ Ça jase pas mal de néocratie !

─ C’est assez vague comme concept. J’ai entendu des jeunes en parler. Néocratie, nouveau pouvoir. Ça se construit en ce moment.

─ J’ai lu ça sur un blogue, le nom n’a rien de définitif. En fait on réclame un changement dans la façon de prendre les décisions, de choisir les leaders de la collectivité, les citoyens veulent mettre le noyau du pouvoir au centre de la place publique.

─ Offrir des espaces pour que les citoyens puissent imaginer et créer un système politique dans lequel ils désirent évoluer, où tous et toutes peuvent prendre la parole sans être dégradés par d’autres, que ce soit pour la non-conformité de leurs idées ou encore pour l’originalité de celles-ci. Le temps est venu de prendre un moment pour se redéfinir ensemble.

─ D’accord, le système actuel commence à dater, mais on commence par où ?

─ Dans la néocratie, l’éducation revient au centre de l’évolution sociale avec la valorisation du savoir et des connaissances. Dans les salles de classe, le respect revient. Le respect de l’autorité du maître, mais aussi le respect des autres camarades de classe et des autres humains qui circulent dans l’école. En commençant par là, on remet le respect au centre de notre réalité collective.

─ On doit aussi affirmer l’importance de la curiosité, des questionnements, en mettant l’emphase sur l’écoute et le partage des savoirs et de la créativité. La violence est présente à l’école et plus d’art et d’expression peuvent sans doute la réduire. En enracinant davantage l’école dans la vie de la communauté, nous pouvons tendre vers une nouvelle ère. C’est par l’école que l’on débute la réflexion pour une vision à long terme.

─ Le momentum démontre que Québécois et Québécoises délaissent de manière croissante la culture politique et les institutions démocratiques. Il y a donc une réelle désaffectation, un mouvement d’abandon s’effectue. Comme les gens délaissent la culture politique actuelle, nous nous retrouvons dans un contexte plus propice à l’innovation : le cynisme et le désaveu prouvent qu’il y un besoin criant de changement donc une nécessité d’innovation.

─ Une néocratie ça se construit comment ? On commence seulement par l’école ? On commence par ailleurs ?

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