Pourquoi je vote http://pourquoijevote.qc.ca Thu, 16 May 2013 13:30:08 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.2.1 Vote à l’auto http://pourquoijevote.qc.ca/2013/05/10/vote-a-lauto/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/05/10/vote-a-lauto/#comments Fri, 10 May 2013 13:34:33 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1476 Lire la suite]]> Des bureaux de vote à l’auto dans d’anciens concessionnaires de voitures, c’est curieux, mais c’est inspirant, les mots viennent…

Voyez par vous-même : http://bit.ly/16PL5NR.

Que pensez-vous de voter en auto ? On ne peut faire une critique pragmatique de ce nouveau phénomène, mais on peut s’amuser un peu, pour le plaisir d’écrire.

Voter comme on commande un sundae. Mettre un crochet dans une case, ou plusieurs selon l’endroit où l’on vit, tout ça au volant de son véhicule, ou son cheval peut-être et pourquoi pas sur une licorne enchaînée comme sur les armoiries du Canada. Les jeunes votent en skateboard, les aînés sur leurs scooters électriques, les babyboomers en voiturette de golf et les plus téméraires votent à vélo lors d’élections en plein coeur de janvier.

Bien des questions, mais on ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’ouverture pour explorer l’innovation. Voter en auto, après tout, il y a bien des guichets automatiques au volant ; alors quand on dit que l’argent mène le monde, il est peut-être temps que la démocratie essaie d’être compétitive et reprenne un peu de terrain.

Est-ce qu’il y aura un travailleur d’élection avec la voix nasillarde qui crache à travers les hauts parleurs pour nous dire que le vote est accepté ? Les bureaux de vote seront-ils ouverts 24 heures, comme le service à l’auto d’une halte routière au bord d’une grande autoroute ?

Et on fait comment pour voter ? Peut-être pourrons-nous seulement « flasher » à gauche ou à droite pour annoncer notre choix. Ça serait simple, ça éviterait des coûts en matériel. On pourrait aussi simplement arrêter le moteur pour montrer notre vision de l’écologie et rouler sur le neutre pour réclamer du carbone neutre. Et pourquoi pas appuyer sur la pédale de frein pour signifier un ras-le-bol, une autre façon de réclamer le fameux… changement.

Toutes sortes de questions se posent. Pourrons-nous voter dans des stationnements intérieurs lors d’un scrutin hivernal ? Est-ce qu’il y aura un crédit d’impôt ? Ceux qui ont des voitures électriques auront-ils droit à plus d’un bulletin de vote ? Aurons-nous aussi droit à des ciné-parcs électoraux, de grands espaces où nous pourrons « parker nos machines » pour un temps et regarder des projections politiques pour nous préparer au vote ?

Imaginez. Prisonnier du trafic, voir venir un squeegee avec un bulletin de vote pour un référendum où on vous demande votre avis sur le financement d’organismes communautaires.

Au fond, les initiateurs sont peut-être des visionnaires. De plus en plus, le taux de participation aux élections semble montrer une tendance à la baisse et cette idée aura peut-être un effet positif sur la participation électorale. Après tout, quoi de mieux que des voitures pour créer un trafic d’affluence monstre vers les bureaux de vote le jour d’une élection. Un jour, même prisonniers dans la congestion des grandes artères, assis dans nos voitures, peut-être pourrons-nous voter avec nos cellulaires, sans bien sûr oublier d’activer le main libre.

Et qui sait… peut-être que viendra l’époque où nous pourrons voter en un clin d’oeil grâce à la lunette Google.

Vraiment, on n’arrête pas le progrès… sauf peut-être avec une lumière rouge…

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Mission du DGE au Burundi http://pourquoijevote.qc.ca/2013/04/30/mission-du-dge-au-burundi/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/04/30/mission-du-dge-au-burundi/#comments Tue, 30 Apr 2013 19:24:52 +0000 Simon Mélançon http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1455 Lire la suite]]>

Dans le cadre de ses activités de coopération internationale, le Directeur général des élections du Québec a développé un intéressant partenariat avec le Centre européen d’appui aux processus électoraux, dont l’acronyme anglais est ECES. Cet organisme, basé à Bruxelles, est spécialisé dans l’appui aux processus électoraux, notamment par l’entremise de services de conseil, d’assistance opérationnelle et de formations spécialisées. 

Formation LEAD

Un des programmes de formation développés par l’ECES est intitulé : « Leadership et gestion des conflits pour les acteurs électoraux » (LEAD). Cette formation a été offerte au Burundi, du 25 au 29 mars 2013. L’ECES a demandé au DGEQ de participer à l’animation de cette formation, notamment en développant un module portant spécifiquement sur les activités postélectorales afin de favoriser la professionnalisation des organismes de gestion des élections entre deux cycles électoraux. 

Mission de formation au Burundi

C’est dans ce contexte qu’une représentante du DGEQ a participé, à titre d’animatrice, à la formation électorale de l’ECES, au Burundi, du 25 au 29 mars dernier. Elle a notamment animé une séance portant sur la prévention des crises électorales et la consolidation de la démocratie durant la période postélectorale. Elle a également présenté la pratique québécoise comme élément de base pour amorcer la réflexion de l’assistance dans l’exercice participatif de réflexion collective sur la mise en place de mécanismes de bonification des pratiques électorales burundaises. 

La représentante québécoise animant la formation

Cette formation a été offerte à une cinquantaine de personnalités burundaises représentant, notamment, la Présidence de la République, les ministères de la Justice, de la Défense nationale et de la Sécurité publique, ainsi que les médias et la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Vous pouvez lire la couverture de l’événement sur le site Web de la CENI du Burundi et sur le site Web d’ECES.

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Du conclave à l’isoloir : le droit au secret et la spiritualité politique http://pourquoijevote.qc.ca/2013/04/12/du-conclave-a-l%e2%80%99isoloir-le-droit-au-secret-et-la-spiritualite-politique/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/04/12/du-conclave-a-l%e2%80%99isoloir-le-droit-au-secret-et-la-spiritualite-politique/#comments Fri, 12 Apr 2013 14:27:55 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1445 Lire la suite]]> On va dire : oh c’est délicat ! Parler de l’Église, de l’État, parlez de ça ici, oh ! Je le fais-tu ? D’accord, j’y vais doucement avec le début. Pour être sûr que vous voulez continuez, je vais vous dire où je vais aller. Partons de la Révolution tranquille, dans les années 1960, quand on dit : Oh ! L’Église et l’État ça ne va pas ensemble, faut réformer, du changement, on le fait, ça se passe. La politique québécoise s’en va d’un bord et la religion de l’autre. Pas plus long que ça. Le retrait a-t-il été drastique ou graduel ? Où en sommes-nous aujourd’hui ? Les questions perdurent. Ça va ? C’est bon ? D’accord, on continue…

On se propulse dans le temps. On se transporte en 2013. La politique québécoise est ce qu’elle est et l’Église catholique vit un conclave. Disons-le, dans une période de 7 mois, les deux entités séparées depuis les années soixante vivent chacune une élection. On assiste aux deux événements comme on le peut. Le conclave transparent quant à son secret et la politique québécoise un peu secrète dans la transparence. Il y a là des phénomènes intéressants à observer et l’idée de ce texte me vient quand j’entends le cardinal Ouellet en entrevue avec la journaliste Alexandra Szacka. (Suivre le lien pour écouter l’entrevue et aller à la date du 15 mars 2013.) Le Cardinal Ouellet parle du processus décisionnel pour l’élection du pape : « Une démarche spirituelle très sérieuse préparée longuement par des congrégations générales où nous avions discuté et nous étions prêt à prendre une décision. » Puis il ajoute : « La décision s’est faite de façon très sereine, très intérieure même. »

C’est de là que l’inspiration me vient, comme une nativité littéraire. À l’entendre, sur ce point bien précis, je ne peux cacher mon étonnement ! Moi qui ne savais rien du processus décisionnel pour l’élection du pape, je me dis : quel contraste avec notre processus de décision en politique québécoise. Je sens que nous sommes bien loin de parcourir un tel chemin de réflexion et de méditation quand vient le temps de voter. Vivons-nous vraiment le processus qui mène au vote comme une démarche spirituelle ? Après mon vote dans le secret de l’isoloir, suis-je serein face à la décision électorale ? Ma décision et celle de la majorité sont-elles prises suite à un processus intérieur profond ? Qui reconnaît son processus de décisions  en  démocratie dans les propos du cardinal ? Où en est la démarche spirituelle qui accompagne les processus de décisions en démocratie ? Quelle est la place de la spiritualité dans la société québécoise, tant la spiritualité politique que la spiritualité dans sons sens plus large. Est-ce que le vote s’effectue suite à une expérience de la spiritualité ? Est-ce souhaitable que la spiritualité retrouve un sens en politique québécoise ? La spiritualité politique, telle que décrite par le cardinal Ouellet, peut-elle exister en dehors de l’Église ? La relation politique et la décision ont-elles un caractère sacré ?

Je vois déjà les yeux qui s’écarquillent. Spiritualité, politique !?!? C’est quoi ça, la spiritualité politique ? Ça existe ? Ça ressemble à quoi ?

Rappelons que lors du rejet de l’Église de la sphère de l’État, les Québécois ont aussi délaissé doucement plusieurs traditions. Certaines d’entre elles étaient encore plus anciennes que de la religion, mais elles lui étaient associée à cette époque, traditions qui incluent le recueillement dans le silence, la prière, la méditation, le partage d’une existence communautaire et la médiation. Quand je parle de spiritualité politique, je parle de profondes réflexions pour comprendre notre environnement politique, de trouver le temps et le courage d’agir dans notre milieu de vie, de décider et partir de soi pour engendrer des actions politiques. Je parle aussi de créer des contextes physiques où l’on peut partager avec d’autres les résultats de nos introspections et s’alimenter de celles des autres. Dans la spiritualité politique, il y a deux coeurs de décisions : le coeur individuel et le coeur collectif. L’exploration de la spiritualité politique permet de créer des connexions et offre une dimension plus calme aux relations politiques.

Voilà ce qu’est pour moi la spiritualité politique. Une réflexion, une introspection, un regard profond en soi pour mieux comprendre les phénomènes qui s’opèrent en nous, comprendre le pouvoir dont nous disposons et envisager ses diverses utilisations. Il importe aussi de réaliser les impacts des décisions extérieures sur nos existences et d’établir une connexion sur les potentialités créatrices qui transforment et modifient la cohabitation sociale. La spiritualité politique est une branche de la spiritualité au sens large, qui elle, est un mécanisme essentiel à la découverte de soi et un outil incontournable pour la cohérence humaine au 21e siècle. Elle facilite à la fois la communication intrapersonnelle et interpersonnelle, et sa redécouverte ne peut qu’être bénéfique pour la revitalisation de nos démocraties occidentales qui vivent actuellement de graves crises de confiance.

Souvenons-nos de cet extrait d’un discours d’Alexandre Soljenitsyne prononcé à Harvard en 1978 : « Nos démocraties, sans spiritualité, rongées par le matérialisme et l’individualisme, connaissent un déclin généralisé des qualités morales, parmi lesquelles se trouve le courage, si nécessaires aux élites politiques et intellectuelles qui ont pour tâche de les guider. »

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Les femmes et la politique http://pourquoijevote.qc.ca/2013/03/08/les-femmes-et-la-politique/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/03/08/les-femmes-et-la-politique/#comments Fri, 08 Mar 2013 17:15:01 +0000 Sandrine Charron http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1436 Lire la suite]]>

Illustration réalisée par Olivia Laperrière-Roy, employée du DGEQ

En 2013, où en sont les femmes en politique?

En 2008, les femmes occupaient moins de 18 % des sièges parlementaires, selon l’Union interparlementaire. En date du 1er février 2013, elles en occupent environ 20 %, toujours selon l’UIP. Bref, le nombre de femmes en politique et dans les parlements du monde entier augmente, mais les hommes représentent toujours plus de 75 % de l’effectif.

Plus près de nous, aux dernières élections générales québécoises, on compte 28 % de candidatures féminines pour 32 % d’élues. Lors des dernières élections municipales, les femmes représentaient seulement un peu plus du quart des candidatures. Un candidat sur six à la mairie était une candidate, et moins de trois candidats sur 10 pour un poste de conseiller étaient une femme. À la suite de ces élections, les québécois ont élu une mairesse sur six maires, et environ trois conseillères sur 10 conseillers.

Si l’on interprète les chiffres des dernières élections provinciales et municipales, la proportion de candidatures féminines équivaut à peu de choses près à la proportion de femmes élues à chacun des types de postes. En observant ces statistiques, je me prends à espérer que si la proportion de femmes candidates augmentait, la proportion de femmes élues augmenterait également.

Le directeur des élections, M. Jacques Drouin explique dans l’édition du 2 mars dernier du Devoir que « Si le Québec était un pays, il figurerait au 25e rang des 190 pays où les femmes sont les plus présentes en politique. Avec 33 % d’élues à l’Assemblée nationale, nous nous classerions juste derrière l’Allemagne. Le Canada occupe le 46e rang alors que les États-Unis sont au 77e rang. » Je suis impressionnée de savoir que nous nous classons au 25e rang, mais je me demande aussi comment il serait possible pour nous d’encourager et de favoriser la représentation des femmes chez les élues.

Comment favoriser la représentation des femmes chez les élus?

Les femmes font face à des obstacles différents des hommes lorsqu’il s’agit de se lancer en politique, ce qui peut nuire à leur représentation. Selon une étude de 2008 de l’UIP, les responsabilités familiales sont considérées comme le facteur le plus dissuasif. Les femmes se heurtent aussi au manque de moyens financiers ainsi qu’aux préjugés et aux perceptions culturelles concernant leur rôle.

Pour remédier à cette situation, le DGE a déjà fait ou appuyé des recommandations pour favoriser la représentation des femmes chez les élus. Ces mesures proposées adaptaient une recommandation formulée par la Commission royale sur la réforme électorale et le financement des partis (la commission Lortie, en 1991) et appuyée par le Conseil du statut de la femme. La recommandation serait de « subventionner l’égalité ». Dans l’article du Devoir du 2 mars, M. Drouin explique bien cette idée. Vous pouvez consulter l’article en entier ici.

Cette idée de « subventionner l’égalité » pourrait peut-être s’adapter au monde municipal, mais cela semble plus difficile étant donné l’absence de partis à plusieurs endroits. Au municipal, le Directeur général des élections préconise des mesures de sensibilisation et d’encouragement favorisant les candidatures féminines. Il faut continuer d’informer, d’encourager les femmes et de les soutenir dans leur volonté de s’impliquer et de se présenter. En ce moment, nos institutions sont statistiquement plus masculines, mais je crois qu’un changement de genre, qu’un apport plus grand des femmes pourrait démontrer clairement qu’un changement s’opère à l’intérieur même de la culture du monde politique.

Mais qu’est-ce que ça change, une meilleure représentation des femmes?

Un plus grand nombre de femmes en politique pourraient en améliorer l’image et la crédibilité. Dans l’étude de l’UIP, il a été constaté que des changements s’opéraient, par exemple: la langue et le comportement des parlementaires sont jugés moins agressifs depuis que les femmes ont commencé à siéger aux parlements.

On constate aussi que bien que les femmes parlementaires ne constituent pas un groupe homogène, elles ont tout de même en commun certaines préoccupations et certains intérêts. Les femmes tendent à privilégier les questions sociales (garde d’enfants, égalité des salaires, congé parental, retraites, etc.), les préoccupations d’ordre physique (droits en matière de reproduction, sécurité physique, violence faite aux femmes) et le développement (développement humain, lutte contre la pauvreté, services sociaux, etc.)

Certains hommes dans les différents paliers décisionnels soulèvent des questions qui intéressent les femmes et qui les concernent, mais un nombre plus grand de femmes pourrait changer la dynamique parlementaire. Plus il y a de femmes, plus celles-ci peuvent influencer les décisions et s’assurer que tous les intérêts de la société soient représentés.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous qu’un nombre plus grand de femmes changerait la dynamique des décisions politiques? Avons-nous intérêt à ce qu’il y ait plus de femmes élues? 

 

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Le ratio Information / Action http://pourquoijevote.qc.ca/2013/02/21/le-ratio-information-action/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/02/21/le-ratio-information-action/#comments Thu, 21 Feb 2013 15:13:54 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1429 Lire la suite]]> Deux citoyens discutent de l’actualité sur un banc de parc. L’un gesticule, s’époumone, donne son opinion à tout vent, sans trop de substance dans l’argumentaire, on le sent désespéré. L’autre écoute. À son regard, on voit qu’il réfléchit.

─ Regarde ça, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Toutes ces nouvelles qui me dépassent. Ça ne sert à rien, je suis juste un pion. Toute cette information, ça me décourage. Je n’y peux rien, vraiment, cette histoire de démocratie, c’est un mirage, on veut nous fait croire qu’on a le pouvoir, mais on vit dans l’impuissance.

─ Écoute : premièrement, il faut que tu trouves un moyen de sortir de l’émotivité. Tu es trop dans l’émotion, pas assez dans la réflexion. Tu parles de l’actualité, des nouvelles que tu consommes, mais tu te laisses emporter, tu jases, tu jases, tu donnes ton opinion, tu cries ton impuissance devant ce qui semble te dépasser et être hors de ton contrôle. Prends une pause. La plupart de l’information que tu consommes ne te donne pas de point d’ancrage dans le réel. Tu parles, tu t’enflammes, mais au fond tu es tellement éloigné de ce que tu consommes comme information que tu n’as pas ce qu’il faut pour connaître et comprendre. Tu vois une nouvelle un jour, elle devient le sujet chaud, et le lendemain une autre nouvelle devient la saveur à la mode. Mais au fond, est-ce que ta collecte d’information te mène à l’action, est-ce que ce que tu lis, ce que tu écoutes ou visionnes te pousse à agir ?

─ Je regarde ce qu’il y a comme tout le monde. Mais comment tu veux que j’agisse sur une décision de l’OTAN, que j’influence une orientation du FMI ou que je contribue à sauver des mineurs au fond d’un trou au Chili ? La plupart des informations qui viennent à moi se passent à des niveaux sur lequels je n’ai pas d’emprise. Commet faire pour que ça change ?

─ À ça, je n’ai pas la science infuse, mais je crois que c’est un des enjeux de ce nouveau millénaire.

─ De quoi tu parles ?

─ Renverser la tendance actuelle qui fait en sorte que la plupart des informations médiatiques ont un très faible ration Information / Action.

─ Tu veux dire que les nouvelles des grands médias, ceux qui sont consultés par le plus grand nombre, offrent une information qui n’inspire pas l’action ?

─ Exactement. Si ce n’est que pour la météo, la circulation ou d’autres cas précis, à quel moment une information fait que tu modifies tes plans de journées ? On ne s’attarde pas souvent à ce phénomène, mais au fond, il est très significatif dans le développement du cynisme et du sentiment d’impuissance des citoyens. L’information ne permet presque plus de susciter des actions concrètes.

─ J’avoue que de prime abord, il y a là quelque chose de très concret. Ça touche aux habitudes des citoyens. Je trouve que ça paraît plus évident que de tout pelleter les responsabilités dans la cour des politiciens et d’exiger des réformes profondes des institutions démocratiques. Au fond, si nous décidons de faire des pressions sur les médias pour qu’ils modifient leur offre, nous serions sur la bonne voie ?

─ Peut-être, mais je pense aussi qu’il faut miser sur une stratégie à long terme pour outiller, entre autres dans les réseaux d’éducation, les citoyens pour qu’ils puissent prioriser des sources d’information qui offrent un ratio Information / Action plus élevé. Et oui tu as raison, il faut trouver des mécanismes pour s’assurer que les futurs producteurs de contenu d’information soient sensibles à cet enjeu et agissent pour que l’offre se modifie à long terme. N’est-ce pas l’essence de la démocratie que de donner aux citoyens les instruments de leur puissance ?

─ Tout ça est très éloigné de la réalité actuelle, mais voilà un point de départ pour un changement qui pourra nous être utile.

─ Changement, c’est un peu faible comme mot. Je préfère dire : une renaissance nécessaire de la démocratie québécoise grâce à une information riche qui agit comme détonateur de l’action citoyenne !

─ Rien de moins.

─ Non, rien de moins.

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La mise en place de l’inscription au vote en ligne en Californie intéresse fortement les jeunes http://pourquoijevote.qc.ca/2013/02/06/la-mise-en-place-de-l%e2%80%99inscription-au-vote-en-ligne-en-californie-interesse-fortement-les-jeunes/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/02/06/la-mise-en-place-de-l%e2%80%99inscription-au-vote-en-ligne-en-californie-interesse-fortement-les-jeunes/#comments Wed, 06 Feb 2013 16:08:48 +0000 Sandrine Charron http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1422 Lire la suite]]>

L’État de la Californie a lancé en octobre dernier, juste avant l’élection présidentielle américaine, un système d’inscription au vote en ligne pour ses 18 millions d’électeurs.

Selon une étude de l’Université de Californie (UC Davis), l’enregistrement en ligne représente le choix préféré des jeunes. En effet, des 244 049 nouveaux jeunes électeurs enregistrés, 154 054 jeunes électeurs, donc 63 %, se sont inscrits directement sur Internet. Malgré le fait que l’enregistrement en ligne n’a compté que pour 2,8 % des inscriptions totales, toutes catégories d’électeurs confondues, ces données sont encourageantes. En effet, lorsque la méthode d’enregistrement en ligne est devenue disponible après le début de la période d’inscription régulière, 49,8 % des inscriptions se sont faites de cette manière.

De notre côté, un électeur québécois peut vérifier son inscription à la liste électorale directement sur notre site Web et sa version mobile. Cependant, il n’est pas possible pour l’instant de s’inscrire directement sur Internet suite à cette vérification, la Loi électorale ne le permet pas.

Croyez-vous qu’à l’instar de la Californie, la possibilité de s’inscrire en ligne sur la liste électorale au Québec permettrait d’augmenter le taux de participation des jeunes ?

Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez consulter un article en français ici, le communiqué de presse de l’Université ici et l’étude complète, en anglais, ici.

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Déjà deux ans ! http://pourquoijevote.qc.ca/2013/01/22/deja-deux-ans/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/01/22/deja-deux-ans/#comments Tue, 22 Jan 2013 14:22:38 +0000 Vincent Deslauriers http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1412 Lire la suite]]> Deux ans. Je me souviens de cet espace, vierge, sans idée ou presque. Une adresse web tout au plus… et du visuel. Nous devions l’animer, lui donner vie, en luttant contre le divertissement qui à lui seul occupe un si vaste espace sur Internet. C’était le défi, rester vivant sans faire dans la facilité pour attirer les foules.

Nous voulions plonger dans la réflexion, partir de la puissance de l’imagination et prendre le temps de réfléchir à la démocratie, à son identité, son caractère, ses traits de  personnalité. Mais devant nous il y avait : les photos de chats, les vidéos de bébés, le célèbre « Pas l’temps de niaiser » ou encore « Mon père est riche en tabarnack ». Nous n’avons pas baissé les bras, sommes restés calmes et avons exploré, en restant prudents pour ne pas choquer ou entrer sur les chemins de la partisanerie.

Nous voilà encore là deux ans plus tard, à écrire des textes à l’ère des textos, à parler de citoyenneté quand le cynisme éloigne beaucoup de gens qui pourtant pourraient sans doute être utiles pour dynamiser. Bien sûr il y a eu ce printemps où la rue s’est enflammée, mais c’était un sujet délicat. Puis, les élections sont arrivées, nous avons redoublé d’efforts, des résultats encourageants ont suivi, mais il y a encore beaucoup à faire. Il faut entrevoir ce qui adviendra, se l’imaginer pour se préparer.

Et moi Vincent Deslauriers, j’envisage quoi ? Disons dans deux ans ? Petit exercice pour envisager… Allons vers le futur… Un voyage vers le temps… 2015.

*     *     *

2015. Cet agora virtuel a 4 ans. Comme l’espace temporel entre deux élections, du moins pour un gouvernement majoritaire. 2015. Nous avons repris l’intelligence que nous avions doucement partagée avec nos téléphones. Notre mémoire elle aussi est revenue.

2015, je me souviens. Depuis la fin du monde ;) , nous avons repris lentement le contrôle de la technique. Nous sommes plus conscients de la puissance humaine, mais surtout nous avons réalisé toute la destruction causée par l’utilisation irraisonnable de notre intelligence. Nos technologies plus responsables sont de plus en plus au service de la connaissance et elles permettent une émancipation plus étendue des citoyennes et citoyens. La responsabilité politique est plus étendue grâce au déploiement massif des Programmes interrégionaux d’éducation à la citoyenneté du Québec et du monde, les PIECQM.

La participation à la décision s’étend jusque dans les CPE où des enfants siègent sur les conseils d’administration. Les cours d’éducation physique, comme ceux dédiés à l’art ou à l’incontournable économie, ont retrouvé une place au coeur de l’éducation.

Depuis le fameux jeu de téléréalité Le Repas, les Québécois ont choisi en grande majorité de replacer le rituel du repas au centre de leur vie. On attend avec impatience la sortie des statistiques officielles, mais l’on pressent une baisse significative des divorces dans la dernière année en raison du resserrement des liens à télés closes.

Les cotes d’écoute ont chuté drastiquement à l’heure du souper. Dans certaines régions, le phénomène commence à s’étendre à toutes les cases horaires. Les habitants de certaines communautés passent tellement de temps à l’extérieur que les voitures sont maintenant quasi interdites dans la plupart des aires de vie en dehors des centres urbains. Mais la démocratie étant ce qu’elle est, beaucoup ont fait entendre leurs voix et les autos peuvent circuler, mais… la démocratie étant ce qu’elle est… ils ne peuvent guère dépasser le 20 km/heure.

Les communautés s’activent pour être le plus rigoureuses possible dans leur participation au premier budget collaboratif du Québec prévu pour 2018. L’annonce de cette mesure, pourtant pas si innovante, enflamme les milieux de vie et beaucoup y voient enfin l’occasion tant attendue de redonner de la vitalité aux régions souvent oubliées dans l’ancien système.

2015. Nous voilà tous excités devant ce renouveau de la vie politique. Et le futur ne fait que commencer.

2015. PJV a 4 ans. Il s’en est passé des choses depuis la fin du monde !

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Les « fous » de la politique municipale http://pourquoijevote.qc.ca/2013/01/07/les-%c2%ab-fous-%c2%bb-de-la-politique-municipale/ http://pourquoijevote.qc.ca/2013/01/07/les-%c2%ab-fous-%c2%bb-de-la-politique-municipale/#comments Mon, 07 Jan 2013 20:24:03 +0000 Sandrine Charron http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1400 Lire la suite]]>

En novembre dernier, l’Union des municipalités du Québec a lancé son projet intitulé Relève municipale 2.0 afin de favoriser la relève dans le monde municipal.  Par ce projet, l’UMQ désire répondre à la question suivante : « Qui sera assez « fou » pour se lancer en politique municipale dans le contexte actuel ? » avec 3 courts métrages mettant en scène trois élus engagés : David Bousquet, John Husk et Corina Bastiani. Ces trois jeunes fous de la politique municipale partagent leurs passions à travers ces capsules inspirantes.

En plus du projet Relève 2.0, l’UMQ a aussi lancé le projet Électeurs municipaux en herbe  en collaboration avec le programme Électeurs en herbe, dont nous sommes partenaire. Ce projet vise à sensibiliser les 13 à 17 ans au fonctionnement d’un conseil municipal, au moyen de courts-métrages mettant en vedette, ici encore, trois jeunes élus parlant de leur motivation et de leur expérience. Il y a aussi un autre court-métrage animé expliquant le fonctionnement d’un conseil municipal.

Par ces courts-métrages, l’UMQ désire susciter l’intérêt pour le monde municipal et inciter les jeunes à s’impliquer dans leur communauté. Ainsi, les jeunes pourront devenir des agents de changement et qui sait, peut-être poser leur candidature pour les prochaines élections municipales.

En effet, en 2013, plus précisément le 3 novembre, se tiendront des élections dans toutes les municipalités du Québec. Ces élections sont un rendez-vous important pour la démocratie locale, car les enjeux municipaux sont souvent des enjeux qui touchent directement les citoyens.

Pensez-vous pouvoir changer le cours des choses ? Croyez-vous que les élus peuvent le faire ? Et si vous étiez élu, que proposeriez-vous exactement ?

Vous désirez en savoir plus sur le projet « Relève 2.0 » ? Cliquez ici !

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Stimuler la participation électorale : l’expérience de New York http://pourquoijevote.qc.ca/2012/12/19/stimuler-la-participation-electorale-l%e2%80%99experience-de-new-york/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/12/19/stimuler-la-participation-electorale-l%e2%80%99experience-de-new-york/#comments Wed, 19 Dec 2012 19:52:18 +0000 Pierre-Luc Turgeon http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1373 Lire la suite]]>

Chaque année, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) prend part à la conférence annuelle du Council on Governmental Ethics Laws (COGEL), une association regroupant différentes institutions responsables en matière électorale, de lobbyisme et d’éthique provenant du Canada et des États-Unis. Lors de la dernière conférence du COGEL à Colombus, en Ohio, une séance de travail portait sur la participation électorale et l’engagement citoyen. Nous avons présenté l’expérience du DGEQ des dernières années en la matière. Une représentante du New York City Campaign Finance Board (CFB) a pour sa part exposé l’approche new-yorkaise pour sensibiliser les citoyens à l’importance de voter. Cette approche comporte des initiatives originales et inspirantes.

Le CFB est une agence municipale indépendante et non partisane qui a pour mandat de gérer le système de financement public des campagnes électorales municipales, tout en travaillant à promouvoir la participation électorale et citoyenne à tous les niveaux de gouvernement. À cet effet, le CFB fait la promotion de l’inscription des électeurs sur la liste électorale, de l’exercice du droit de vote et de l’engagement civique. Le programme NYC Votes!regroupe l’ensemble des activités d’éducation et de sensibilisation de cet organisme destinées aux citoyens de New York.

Comme au Québec, l’approche priorisée par le CFB en est une basée sur la recherche. Pour mieux cibler ses interventions, le CFB a cherché à dresser un portrait des électeurs de la ville et leurs habitudes de vote. Ce portrait a été réalisé à l’aide d’un projet conjoint avec le Wagner School de l’Université de New York et des données de recensement, notamment. Approche originale et très adaptée à la ville de New York, des sondages postélectoraux sont également menés dans les taxis de la ville dans les jours suivant un scrutin.

À partir de ces données, on a pu identifier les quartiers de la ville où la participation électorale est la plus faible, et se concentrer sur ces endroits. On a aussi déterminé que les initiatives devraient mettre l’accent sur certains groupes moins engagés comme les femmes, les jeunes, et les communautés culturelles.

En ce qui concerne les mesures de promotion de l’engagement citoyen à proprement parler, il faut souligner que le CFB cherche une large mobilisation en favorisant des partenariats avec toute une série d’acteurs comme les organismes communautaires, les entreprises et les écoles, notamment. En plus d’utiliser les messages télévisés et les médias sociaux, le CFB a avancé certains projets intéressants et originaux pour rejoindre les citoyens :

  • Campagne d’inscription à la liste électorale : Le CFB a tenu des séances avec différents partenaires pour les former à mener des campagnes d’inscription massives à la liste électorale. On a lancé le défi intitulé « 1,000 Voter Drive Challenge » qui encourageait les partenaires à inciter le plus grand nombre de citoyens à s’inscrire sur la liste électorale. Cette approche intéressante permet de mobiliser la communauté autour d’objectifs clairs et mesurables.

 

  • Boutons électroniques (ci-contre) : Sur la page d’accueil du site Internet de plusieurs partenaires, un bouton électronique apparaissait lors des différentes étapes de la campagne électorale pour rappeler aux citoyens de s’enregistrer, de voter, etc. Ce bouton menait au site Internet de NYC Votes! Cette mesure serait potentiellement transposable au Québec, pour rappeler aux électeurs les différentes périodes de vote par anticipation, de révision de la liste électorale, etc. Le bouton électronique, qui mènerait au site Internet de l’élection, pourrait être apposé aux sites des ministères, des universités ou encore de partenaires comme l’Institut du Nouveau Monde.

 

  • Carte d’engagement de l’électeur (ci-dessous) : Sur Internet ou encore lors d’évènements où le CFB était présent pour faire de la sensibilisation, les citoyens pouvaient signer une carte d’engagement à voter lors de la prochaine élection (« pledge cards »). Cette carte lui était renvoyée quelques jours avant l’élection en guise de rappel, à la fois de la tenue du vote, mais aussi de l’engagement qu’il a pris d’y participer.

  • Équipes de rue : Pour rejoindre les citoyens dans la vie de tous les jours, des bénévoles ont été recrutés pour constituer des équipes de rue (« street teams »). Ces équipes distribuaient de la documentation aux citoyens, répondaient à leurs questions sur le processus électoral et distribuaient des cartes d’engagement de l’électeur.

Mentionnons finalement deux campagnes visant des clientèles précises : les femmes et les jeunes. La campagne concernant les femmes était nommée « Your Vote Counts ». Pour les jeunes, une compétition de slam a été mise sur pied : le Youth Poet Laureate. Le concours est ouvert aux étudiants de 16 à 19 ans, qui doivent livrer des poèmes portant sur le thème du vote. Le lauréat, sélectionné par un panel d’expert, devient un « ambassadeur » de NYC Votes et a l’occasion de s’exprimer sur le sujet sur différentes tribunes partout à travers la ville. Il remporte aussi un contrat d’édition pour publier un livre de poésie.

Pour plus d’informations sur le programme NYC Votes, vous pouvez consulter leur page Facebook ou leur compte Twitter (@NYCVotes).

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Quand surfer sur le Web nous permet de trouver… Des poulets et des nerds http://pourquoijevote.qc.ca/2012/12/10/quand-surfer-sur-le-web-nous-permet-de-trouver%e2%80%a6-des-poulets-et-des-nerds/ http://pourquoijevote.qc.ca/2012/12/10/quand-surfer-sur-le-web-nous-permet-de-trouver%e2%80%a6-des-poulets-et-des-nerds/#comments Mon, 10 Dec 2012 15:40:56 +0000 Sandrine Charron http://pourquoijevote.qc.ca/?p=1365 Lire la suite]]> Il m’arrive souvent, pendant mes temps libres, de surfer sur le Web et de lire des textes, des billets de blogues et des éditoriaux. Cela me permet d’élargir mes horizons, de connaître des opinions contraires aux miennes, et de m’informer sur tout plein de sujets d’actualité. Quelques fois, je tombe sur des articles expliquant comment m’épiler les sourcils avec de la soie dentaire, et d’autres fois, je tombe sur des textes qui méritent vraiment d’être lus…

Des petits bijoux de textes, qui nous font sourire et réfléchir, qui nous permettent de nous poser des questions et d’engager une discussion. Le texte suivant, un éditorial paru originalement dans l’Impact Campus du 28 septembre 2010 et republié sur le blogue Juge mon Sandwich sous le titre « Juge mon poulet »,  est ce genre de texte. Écrit par François Gagnon, à l’époque rédacteur en chef d’Impact Campus, « Des poulets et des nerds » est un texte qui mérite d’être lu, relu et réfléchi.

Je vous invite à lire ce texte et à nous exposer votre opinion sur celui-ci en commentaire à cet article. Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que les institutions démocratiques doivent « donner du poulet » pour intéresser les citoyens à la démocratie? Qu’attendez-vous de vos institutions démocratiques?

Des poulets et des nerds

Les mêmes questions reviennent toujours quand personne ne se pointe à une Assemblée générale (celle de la CADEUL, mercredi, n’a pas réussi à attirer plus de 75 personnes sur un quorum de 100. Elle a donc été reportée). Les mêmes questions, d’ailleurs, que celles qu’on entend le lendemain des élections où personne ne s’est donné la peine d’aller faire un X.

Je rappelais à la blague, mercredi, en attendant le début de l’AG1 de la CADEUL, que l’association étudiante offrait, il y a quelques années, des ailes de poulet à qui daignait se déplacer. Après tout, c’est bien connu, les amateurs de poulet ont toujours supplanté les démocrates. C’est d’ailleurs une des grandes leçons de l’Histoire.

Blague à part, aller dans des assemblées générales me mène à considérer que certaines institutions sont maintenant gouvernées par des nerds. Pas nerd dans un sens péjoratif, mais plutôt dans le sens que donnait à ce mot le génial auteur Douglas Adams lorsqu’il disait « un nerd est une personne qui utilise le téléphone pour parler à d’autres personnes à propos des téléphones ». Les nerds politiques, quant à eux, s’intéressent à la politique en elle-même, débattent démocratiquement de ce qui est démocratique et raffolent des AG, des votes et des questions préalables. Ils aiment parler de révolutions, peu importe qu’elles soient tranquilles, françaises, prolétariennes, industrielles ou américaines.

Quant aux autres, ils viennent pour les ailes de poulet, qui peuvent prendre plusieurs formes. Pour certains, le poulet, c’est de diminuer leur facture d’université. Pour d’autres, c’est un projet à l’échelle de leur association facultaire ou pour tout le monde. Chacun a son poulet politique, sa raison de se déplacer et de militer. Chacun a quelque chose à demander, à proposer pour son mieux-être et/ou celui de la société. Duplessis offrait des réfrigérateurs et des lignes électriques, Charest a promis de se concentrer sur la santé. Labeaume a promis un stade, Obama du changement, Parizeau un référendum, la CADEUL un LPU, Harper un ménage. Ce n’est pas nécessairement du populisme et ce n’est pas automatiquement une mauvaise chose.

C’est le propre des nerds politiques que de se demander comment intéresser les citoyens à la politique. On cherche à trouver le projet porteur qui rallumera la torche de la révolution et qui ramènera tout le monde aux urnes et dans les AG. Mais, dans le fond, y a-t-il moins de poulet à offrir, pour les institutions politiques? En fait, cela dépend. Si tout ça n’était qu’une question de poulet, la question serait vite réglée. Personne ne s’entend sur sa réponse à la question fondamentale : qu’attendez-vous d’un gouvernement, à quelque niveau que ce soit?

La bonne nouvelle, c’est qu’on dirait que la démocratie nous a donné le luxe de nous en foutre et d’aller chercher notre poulet ailleurs.

Vous pouvez écrire directement à François sur Twitter : @Fmgagnon.

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1 – NDLR : AG pour Assemblée générale.

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