La liberté d’expression : le droit de dire, de dénoncer, de crier, de rapper, de partager des poésies, les formes que peuvent prendre l’expression citoyenne sont variées. À l’ère de l’instantanéité, les opinions fusent de partout, elles rebondissent, ricochent, se heurtent les unes aux autres, se confrontent et souvent leur abondance suscite un questionnement sur leur pertinence et leur justesse, leur intelligence.
En démocratie, les droits sont liés à des devoirs qui sont tout aussi importants. L’ignorance de cette relation menace l’équilibre des forces. En d’autres mots, on ne peut s’approprier un droit sans comprendre les responsabilités qui y sont attachées. Par exemple, le droit de s’exprimer vient avec le devoir de s’informer, pour articuler son discours, peaufiner sa pensée et débattre d’idées avec d’autres. L’ouverture d’esprit elle aussi est un devoir, car elle aide à mieux enraciner le droit à l’égalité dans la société québécoise.
Par contre, on peut estimer quelqu’un, lui démontrer du respect, le traiter comme son égal, sans pour autant respecter ses opinions sur certains sujets ou divers thèmes de réflexion. « Je te respecte humainement, mais quant à cette opinion, je ne te respecte pas intellectuellement ! » Ne pas respecter une opinion ne veut pas dire insulter celui où celle qui l’émet, car en agissant ainsi on transgresse le droit à l’égalité de la personne qu’on insulte. L’insulte et la violence verbale sont des signes d’oppression, donc un éloignement de l’égalité.
Mais j’insiste, toutes les opinions ne sont pas respectables. Une opinion indéfendable, qui ne s’argumente pas et qui brime la liberté d’autrui n’a pas sa place dans le débat public. Une marche collective vers cette prise de conscience sera une avancée, un progrès significatif pour notre démocratie.
Il y a de ces réalités dont on prend conscience lorsqu’on est face à une intelligence plus raffinée que la nôtre. Une intelligence qui nous met face à nos incohérences philosophiques, une intelligence dont il faut avoir la sagesse de s’imprégner pour évoluer comme individu et par le fait même être sur la voie de l’innovation sociale, culturelle, économique et politique.





