Si je vais aux urnes et que je ne sais pas ce que je fais là, je suis un peu perdu. Plusieurs ne vont pas voter, d’autres votent mais ne savent pas pourquoi ils votent. Tout simplement, ils votent.
- Il y a ceux qui ne votent pas parce qu’ils n’ont pas le temps.
- Ceux qui oublient en regardant la télévision.
- Celles qui ne votent jamais, mais qui poussent leurs réflexions.
- Ceux qui font comme ces dernières et qui proposent des alternatives à ce qu’ils décrient.
- Ceux qui ne votent pas car ils ne croient pas au système et d’autres qui ne le comprennent pas.
- On trouve aussi ceux qui n’ont pas écouté, celles à qui on ne l’a pas raconté.
Aujourd’hui il y a ceux qui sont indifférents, celles qui s’en foutent. Savent-ils que même leur indifférence est un geste politique, qu’il n’y a aujourd’hui rien qui ne soit pas politique? Même choisir de vivre seul, isolé, est un geste politique. Une décision. Laquelle allons-nous prendre? Où allons-nous?
Nous en sommes à 57 % de taux de participation aux dernières élections, avons-nous prévu un seuil critique? À partir de quand on se questionne sur la légitimité du gouvernement élu par un système électoral, à partir de quand on choisit de faire des réformes majeures? Que se passera-t-il quand la majorité sera du côté de ceux qui ne participent plus au système électoral?
Plus nous nous rapprochons du 50 %, plus nous sommes près d’un moment de schisme pour notre démocratie. On sent déjà des signes avant-coureurs du déclin, mais notre système électoral est mathématiquement encore démocratique. Et je vois là un rare moment de crise d’où pourrait émerger un renouveau politique, une innovation des modes de prises de décisions collectives. Un jour nouveau pour le Québec.
Je crois qu’il faut voir là une opportunité historique d’imaginer une nouvelle organisation sociale, économique, politique et culturelle et de le faire dans un esprit de collaboration avec les autres générations. Pour créer un système politique qui favorisera une meilleure participation des citoyens. Il en va ainsi pour que le peuple possède la puissance nécessaire et que la démocratie soit plus vivante avant que les chiffres ne viennent lui montrer la sortie.
Et cette démocratie? Peut-être que le temps est venu pour elle d’écrire de la poésie, de faire un retour aux sources, et de redécouvrir à qui elle doit donner le pouvoir? N’est-ce pas un chemin nécessaire vers les 70 % 80 % de participation aux exercices du pouvoir proposés par le gouvernement? Vers un momentum de vitalité pour notre collectivité et notre organisation collective?
Si les souhaits sont des visions qui parlent du futur, alors que voulons-nous?




