La politique devrait être le lieu où le débat inspire le peuple, pour qu’il s’implique, s’active et réfléchisse à son rôle dans le développement de la civilisation.
Nous avons de moins en moins une politique tenue dans des lieux où ceux et celles qui s’expriment sont éloquents, savent écouter les autres et faire de la cohésion et de la cohérence le fruit leur travail.
Si l’art de s’exprimer librement retrouve sa place en politique, que l’éloquence, le vocabulaire, la fluidité de la parole dans le débat caractérisent le discours de nos dirigeants, nous serons au début d’une nouvelle ère, parce que l’art de s’exprimer retrouvera sa place. Parce que nous prendrons temps « d’écouter la politique », parce que les médias devront s’adapter à notre nouvelle relation avec la politique et changer leur traitement de celle-ci.
Pour l’instant, nous n’en sommes pas là.
Entendre n’est pas suffisant, pour débattre il faut savoir écouter
Je crois bien que le temps nous manque en politique. À trop penser à court terme nous en venons à subir une pression de plus en plus insoutenable. Nous n’avons plus le luxe du temps, pour que les hauts lieux de pouvoir soient des lieux de débats, de luttes d’arguments, mais aussi d’ouverture d’esprit, de relations dans la conscience de l’interdépendance.
Au Québec, nous sommes dans une guerre irrégulière. Une guerre médiatique où l’on s’affronte sans merci pour le pouvoir. Pressés par les sondages, les scrums, l’urgence du clip vidéo et de la nécessité de faire la nouvelle. Dans notre frénésie commune, nous avons oublié la nature même de la politique et aujourd’hui, notre démocratie est en danger.
Dans cette guerre, il n’y a pas de place pour l’écoute, pour la relation. C’est nous contre nous, c’est notre incohérence qui se manifeste.
Il est temps de faire mentir ces mots qui définissent bien le contexte politique actuel : c’est seulement ligués les uns contre les autres que les hommes sont unis.
Et je parle bien ici des hommes au sens masculin du terme, car après tout, ne sont-ils pas les seuls responsables de la création de notre système politique ? Un système qui prend de l’âge, rongé par la confrontation, un système qui devrait évoluer en demandant l’avis de celles qui ont été oubliées lorsque vint le temps de penser notre monarchie parlementaire et la façon d’y organiser le débat et la prise de décisions…




